Une souris minuscule

« Oh, mi amor, 

estoy tranquilo pero herido. […]

No es que no te crea,

es que las cosas han cambiado un poco »

—-

« Oh, mon amour,

je suis tranquille mais blessé . […]

Ce n’est pas que je ne te crois pas,

c’est que les choses ont un peu changé»

Fito Paez, Tres agujas, Del 63, 1983

« Después de un baño cerebral,

estaba listo para ser amado »

« Après un bain cérébral,

j’étais prêt à être aimé ».

Soda Stereo ,  Ella usó mi cabeza como un revolver, Sueño Stereo,1995

Attendre, un train, un métro, quelque chose qui arrive de dehors changer la réalité de tous les jours. Ce qui arrive à plusieurs reprises et finit par construire la constante fragile des habitudes, de l’identité. Oh, regard cette souris ! Regarde comment elle sort d’en bas du du distributeur automatique de bonbons! Quand on travaille la nuit, ce sont ce genre de choses simples qui te font la nuit. Cet être gris et minuscule qui te rappelle la subtilité de quelque chose de vivant, entre le béton et le métal des rails et le flux des êtres gigantesques. Il y a eu une connexion entre tout, comme un métro qui arrive quand tu débouches sur le quai, comme lorsqu’on trouve de l’argent par terre ou un objet qu’on apprécie au milieu d’une rue. Tout devient alors une question de vrais mots. Du genre qui me manquait. Hier j’ai rêvé encore une fois du dentiste, en prononçant l’inévitable question sur la dent trouée depuis des années.

Aujourd’hui c’est un dimanche spécialement froid. Je ne sais si on aura beaucoup comme ça. Il ne me reste qu’à écouter de la musique. Je suis à la recherche d’un sauvetage, de passer moins par les mots. Je peux dire que je suis, comme quelqu’un qu’irait n’importe sans se demander pourquoi. Je suis tranquille mais blessé, en cherchant comment combattre cette anxiété que même la destruction partielle du corps ne peut taire. Les vérités trop évidentes ne s’étouffent même pas avec le sommeil, pore de tout notre être.

C’est ainsi que je me suis réveillé à onze dégrées dans ma chambre. Un putain de frigo. La chambre n’est finalement pas très loin de la température commerciale de réfrigération qui commence à huit dégrées pour les produits moins périssables. Une couille inattendue au milieu d’une froideur intérieure impossible de chauffer, étant trop enfoncée dans la chair.

Machine vers le haut, métro, machine vers le bas, souterraine, et de là au ciel, du nord au sud, du nord azur, au sud flamant des beaux quartiers. « J’étais prêt à être aimé » chantait Cérati avant de devenir un légume. J’ai l’ai entendu quand même, il nous a laissé son âme à écouter à volonté, en menu d’accords distillés tel un piano-cocktail à la Boris Vian, en format numérique.

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