Trente fleurs chinoises

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Du haut de mes trente fleurs,

je m’assois sur le trottoir,

près du caniveau

et je m’en fous.

Du haut de ma robe

et mes basquettes bariolées,

mal assorties,

à ce qu’on dit.

Je suis chinoise,

mais je n’ai plus de pays,

il ne me reste que le passeport

dans ma poche,

à midi,

à la Courneuve.

Ni tort ni raison,

je vole au gré du vent,

je n’ai plus d’âge.

Mais eux,

ils ne savent pas.

Les immigrés sont d’emblée

jamais à l’heure,

me dit-on,

alors je m’assieds,

puisque je suis née en retard,

parait-il,

penser à l’avenir.

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