Llaves

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Seth, 2013

Cuando me dieron las llaves del primer hotel parisino en el que trabajé, me preguntaba si esas ganas de tocar a todas las puertas para vivir en otro país se terminaba ahí: con todas las llaves de un hotel completo que dejaban bajo mi responsabilidad por la noche. Al mismo tiempo, me decía que eso me pasaba por andar de curioso en Francia. Hubiera preferido rechazarlas, pero necesitaba la lana y de paso aproveché para probar las llaves que me parecían en desuso, para pasar el tiempo, las noches en vilo son largas y si uno no se mueve los demonios se instalan.

Cuando pasé a la secundaria, me dieron las llaves de la casa para que pudiera volver después, mientras mis padres llegaban del trabajom con mi hermana en brazos. Aquellas llaves abrirían la primera experiencia de la soledad en un espacio propio : entre la salida a mediodía y las tres de la tarde que es la hora para lo cuál lo único que tenía que hacer por la familia era comprar el kilo de tortillas cotidiano al lado de la escuela, llegar a la casa, quitarle el papel, cambiarlo por una servilleta y depositarlas en el tortillero térmico para que no se enfriaran. Por lo demás, aquel espacio y tiempo me pertenecían y durante aquella etapa no daba muchos problemas, así que nadie me pedía que rindiera cuentas sobre lo que hacía desde que tenía aquellas primeras llaves: aprender a estar solo y disfrutarlo.

Aquellas mismas llaves, con la que se agregó con los años a causa de los robos en la unidad habitacional, una chapa más, fueron las que mis padres me pidieron de vuelta porque no respetaba ninguna regla de la casa. Era cierto, me lo merecía. Lire la suite

Morphine à volonté

Allongé sur le lit d’un hôpital miteux, c’est le premier moment que j’ai eu pour penser à comment et quand étais-je arrivé à me casser la jambe. J’attendais que l’anesthésie passe et ça n’allait pas être tout de suite. Je ne sentais rien à partir du cou. Ce n’était pas une sensation agréable, ça grattait, je pouvais bouger, mais tout était engourdi. C’était angoissant et il fallait donc se distraire avec d’autres pensées.

Quelque chose m’a semblé clair, ça était allé trop loin, et ça n’avait pas été pendant l’instant stupide où mon pied s’est coincé sur la base d’une grosse pierre que je m’étais cassé la jambe, ni au moment où je suis tombé en avant, laissant la jambe derrière moi. Non, j’avais commencé à me casser la jambe avant de me plier en deux et d’exécuter ce tour étrange en l’air pour libérer mon pied. Par terre, je pouvais voir la semelle de ma chaussure dans une position où je n’aurais pas dû pouvoir le faire. La douleur était déjà insupportable et amplifiée par cette vision anormale de mon corps quand mon pied pointait vers moi. À partir de cet instant, je n’ai pas pu penser normalement.

Heureusement, ou pas, il y avait deux autres gars avec nous. Jusqu’au moment du pied coincé, je n’avais pas réussi à savoir lequel des deux était celui qui avait invité mon quasi-ex-copine boire des coups dans un mirador pré-hispanique. Moi-même, j’avais emmené des filles à cet endroit depuis le collège. Et ça marchait toujours. Bien sûr qu’elle ne m’avait pas invité. Elle avait seulement dit « on n’est plus ensemble » et « je vais aller boire des bières avec un ami, et un de ses amis ». Rendu au point où on était, cela revenait au même, je ne connaissais aucun des deux, tout au plus les intentions de l’un d’eux. C’est pour ça, en fait, que j’étais là, plus que par l’envie de monter aux bains de Nezahualcoyotl observer la vallée de Mexico, avec sa couche grise de pollution entre la planche de béton, les montagnes et le ciel. Lire la suite