Vitalidad desesperada

Yo fui educado con odio
y odiaba la humanidad
un día me fui con los hippies y
tuve un amor y también mucho más.

Ahora no estoy más tranquilo,
y ¿por qué tendría que estar?
Todos crecimos sin entender
y todavía me siento un anormal.

Hoy pasó el tiempo,
demoliendo hoteles
mientras los plomos juntan los cables
cazan rehenes.

Charly García, Demoliendo hoteles, Piano Bar, 1984.

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Il ne me reste que cela,

une vitalité désespérée.

Passolini, cité par Bachelard, conférence sur L’air et les songes, 1943

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Eso es lo que queda,

aventarse contra las paredes,

intentando salir, pero no puedes,

porque hay una puerta,

pero está cerrada,

hay amarras,

aunque los nudos no se vean,

aunque haya cuatro muros blancos

y un trampolín de piso,

hay un techo que no te deja volar,

y habrá que romperlo a dentelladas,

con los puños o a patadas,

Porque es un hotel lleno de dentistas

que te quieren sacar todas la muelas,

todos los sueños con sacacorchos,

tratando de adormecerte con el cloroformo

de una vida de trabajo

para comprar cosas inútiles,

que muchas veces ni siquiera se pueden tocar;

o bien negándote la posibilidad

de pagarte tu pan

para que, mientras buscas la plata,

no salgas de esa pieza

con tus ideas de carnavales,

de justicias, de delicias de mejores días,

sin miserias innecesarias, ni hambres,

ni hombres que quieren todo,

para que los otros no tengan nada,

y ser ellos los reyes.

El que ha hecho daño, lo sabe,

y teme sobre todo la venganza,

regicidio,

la esperanza

de los otros,

de verlo morir,

de verse volar

y poder comer. Lire la suite

Hacer de tripas corazón II / Prendre son mal en patience II

LA SINFONÍA DEL ABEJORRO / LA SYMPHONIE DU HANNETON

Segunda propuesta para éste periodo donde las puertas de la creación deben estar cerradas. He aquí la escena de apertura de una de las mejores cosas que me hayan pasado este año, La sinfonía del abejorro (La symphonie du Hanneton), producido por la Compagnie du Hanneton en 1998. Este nieto de Chaplin simplemente hace de todo y tiene unas ideas muy, muy locas.

El espectáculo completo está en el vínculo al final del artículo, y lo mejor de todo, es que no se necesita traducción, todo pasa a través del cuerpo, de la música y de la voz.

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Pour ceux qui n’ont pas le plasir de le connaître, voici James Thiérrée, une des meilleures choses qui me soient arrivées cette année. La vidéo est la scène d’ouverture du premier spectacle de la Compagnie du Hanneton, leur premier opus: La symphonie du Hanneton, crée en 1998. Ce petit fils de Chaplin fait un peu de tout, et surtout il a des idées loufoques et poétiques à ne pas en finir.

Si cette mise en bouche vous convient, vous pouvez avoir le menu complet sur le lien à la fin de l’article

Y el espectáculo completo / et le spectacle complet:

 

 

 

 

Funambule végétal

El pequeño mono me mira...
¡Quisiera decirme
Algo que se le olvida!

Le petit singe me regarde...
Il voudrait me dire
quelque chose qu'il oublia!

José Juan Tablada, Bestiario, 1919

Se balader entre les arbres,

sur des fils de fer,

glisser sur des tyroliennes,

pendre en sécurité,

simulacre de vol,

que voulez-vous?

je ne suis un pas un oiseau,

je ressemble plus à un singe,

il faut que je m’accroche à quelque chose,

que je m’agrippe à la vie,

ce qui n’empêche pas

d’avoir le désir de voler,

de retrouver par le corps

ce que le songe

et la rêverie

demandent avec récurrence

à l’horizontal,

au lit

ou assis.

Les mousquetons me disaient

« tu es en sécurité »,

mais les yeux

voyant le vide sous mes pieds

criaient

« Vertige ! »,

la peau transpirait,

les poumons suivaient

le cœur, dans un rythme double.

Ce sont des grands enfants

qui ont inventé ces jeux,

et je les remercie,

heureusement qu’ils sont là,

eux qui ont pensé à une scelle,

à un hamac,

à de tas de singeries,

où l’on excelle par nature,

à des planches flottantes où l’on peut lâcher le fil de support

et dévernir funambule végétal

vagabond au milieu des feuilles,

comme autrefois dans nos gènes

qui doivent y être pour quelque chose

dans cette sensation jouissive de grimper aux arbres,

remplaçant le manque de pratique ancestrale

par quelques bricoles métalliques,

et le tour est joué,

jouet,

jouer,

jouir de l’instabilité,

de la peur de la mort,

se mordre les lèvres

et grimper encore,

les règles son claires,

« s’accrocher à la ligne de la vie d’abord »,

ce fil omniscient par sécurité

coloré en rouge,

puis on peut, si l’on veut, se pencher le dos en arrière

au bout des plate-formes

pour frimer un peu

avec les écureuils

qui regardent sans comprendre.

Et que dire à celui qui a trouvé le temps

dans sa vie, pour arriver à la conclusion,

qu’une tyrolienne qui part d’un arbre à vingt mètres du sol

et traverse un lac, était une bonne idée à mettre en œuvre

et a pris le temps de la rendre réelle,

pour nous faire voler

comme un hominidé, un peu accroché,

car on fait comme on peut.