Flores en el mar

Bansky, 2010

En el borde de tus aguas
hay un murmullo de sal,
son aladas tus espumas,
es salado tu cantar.
Hay flores en el mar.

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Jorge Drexler, Flores en el mar, 1998

Vale
una vida lo que un sol
una vida lo que un sol,
vale.
Se aprende en la escuela,
se olvida en la guerra,
un hijo te vuelve a enseñar.
Está en el espejo,
está en las trincheras,

parece que nadie parece notar
Toda victoria es nada
Toda vida es sagrada

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Jorge Drexler, Polvo de estrellas, 2004

A Sani, dondequiera que esté

Bellezas perdidas,

a la deriva de una vida anterior,

lamiéndose ahora las heridas,

último brillo antes de ahogarse

en la marea de aquel sueño,

no de Midas,

sino de comida

que alguna vez imaginaron mejor,

antes de exiliarse

a dónde sólo perdieron la orilla

en un abrir y cerrar de ojos.

Todo volviéndose pesadilla,

en un aterrizaje, despojos

en un desembarco,

miles de cerrojos. Lire la suite

Le médecin sodomite ou besoin qu’on me dise ce que je sais

Penser à sa santé, pas si facile

Penser à sa santé, pas si facile

Sixo – Fort d’Aubervilliers – Street Art Paris

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Le médecin me disait avec une certaine fierté que la balance était un équipement de pointe, capable de détecter même les cancers et la consommation de drogues rien qu’en y montant. En même temps qu’il me déployait une liste de vertus, il m’incitait avec ses mains à monter, comme en disant « allez-y, vérifiez-le vous-même ».

Je n’ai pas eu d’objection, après tout, il était maître dans son cabinet,  mais quelque chose me mettait mal à l’aise. Ce n’était pas l’accueil un peu trop gentil, de médecin néophyte qui veut faire bien et montrer que la personne l’intéresse. Ce n’était pas le fait qu’il veuille prouver que son équipement n’avait pas été acheté au bazar du coin, et comme on dit depuis le Moyen Âge Excusatio non petita, acusatio manifesta

Mais ce n’était pas cela. J’avais repoussé ce rendez-vous avec moi-même pendant des années. Du moins de mon propre gré. Durant les quatre années et quelques qui s’étaient écoulées depuis mon arrivée, je n’étais jamais allé chez ceux qui ont fait le serment d’Hippocrate.

Malgré les capacités vantées de l’appareil, je trouvais qu’on avait du mal à y monter. Une fois dessus, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas d’écran numérique, mais une vieille aiguille qu’à première vue n’avait l’air que de servir à indiquer le poids, comme les anciennes connues des vieux, et non pas à faire une auscultation complète comme il m’avait promis. Je ne voyais pas la technologie « de pointe » dont il parlait.

  • Restez debout, monsieur, sinon l’appareil ne peut pas faire son travail.

  • J’essaie, mais il est trop près du mur et je pars vers l’arrière. Ça fait partie du truc ?

  • Non, ça c’est parce que c’est un objet fragile et si je le mets ailleurs dans mon cabinet, je risque de lui donner un coup de pied et de l’abîmer. Essayez sur une jambe.

  • Comme ça ?

  • Parfait. Vous arrivez à voir le chiffre ? J’ai mal au dos et je ne peux pas me pencher.

  • Si je baisse la tête, je tombe.

  • Nous avons un souci alors. Descendez, je vais appeler mon secrétaire.

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