Laisse entrouv’!…

Liu Bolin, Coffre-fort, Paris 2011

Sigoulou était nerveux, plus que son maître de braquage. Il n’était pas habitué à porter une arme, ni à la pointer. Il y avait pensé auparavant, comme tous les enfants, à pointer une arme contre la tête de quelqu’un, le sommet du pouvoir, la vie dans les mains, dans celles qui la détiennent. Et boum. O bien, pas boum, mas au moins un butin.

L’adrénaline n’avait jamais été aussi puissamment enfuie dans son corps, ni pendant aussi longtemps. C’était une sensation un peu effrayante qui l’assourdissait. Loulo lui a donné des ordres qu’il n’a pas entendu, il a dû lui répéter. « Nous parlons le moins possible, il ne faut leur donner aucune change », se répétait-il les paroles de Loulo.

Sigoulou n’a pas pu voir le visage de Loulo, mais il savait qu’il l’en voulait, il se déconcentrait, comme il lui avait clairement dit de ne pas le faire.

Il l’avait entraîné un peu avec l’épicerie, mais une banque, la banque classique où le héros mourait était autre chose, malgré cela, il y était. « Il y a aussi tous ces films où le protagoniste ne meurt pas », ce qui expliquait mieux sa présence à cet endroit précis dans sa tête.

Non. Ce n’était pas pareil que dans les films. Loulo l’avait aussi mis en garde là-dessus :« La grosse différence est que, là, y aura des mecs armés et prêts à te tuer pour de l’argent qui ne leur appartient même pas ».

Le directeur les a amenés vers le coffre-fort. Ils ont dû traverser deux portes qu’aux yeux de Sigoulou étaient beaucoup moins blindées que dans les films. Lire la suite

Demoliendo hoteles

Hiding in the City No. 2- Suo Jia Village, 2005, © Liu Bolin

Yo fui educado con odio
y odiaba la humanidad
un día me fui con los hippies

y tuve un amor y también mucho más.

_
Ahora no estoy más tranquilo,
y por qué tendría que estar
todos crecimos sin entender
y todavía me siento un anormal

_
Hoy pasó el tiempo,
demoliendo hoteles
mientras los plomos juntan los cables
cazan rehenes.

_____________________

Charly García, Demoliendo hoteles, Piano Bar, 1984

___________________________________

Tengo ganas de demoler un hotel

De golpear mi sombra,

de justar toda una lluvia,

gota por gota

y enviarla de vuelta a las nubes

de un sólo golpe,

De partir un campo de sandías

a punta de machete,

De rasgar bodegas llenas de costales,

De morder cuerdas

hasta reducirlas a bagazo, Lire la suite