Parking de Papi

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Mon grand-père avait toujours été excentrique, mais depuis qu’on le sentait « rentré dans la vieillesse », physique et mentalement, on savait que cela n’allait que s’accentuer, mais sous quelle forme ? Cela restait à voir et à les prendre à la volée.

Il habitait les collines qui avaient été piquées à la pioche, jusqu’à faire une multitude de terrasses où les gens qui n’avaient nulle où vivre à Mexico dans les années quatre-vingt ont construit comme ils ont pu, à leur idée et en dehors de toute réglementation. Ainsi les maisons et les rues se sont cramponnées à la colline. C’est ces mêmes champs de rues qu’on voyait depuis chez nous, dans une autre banlieue à l’autre bout de la grande vallée de lumières qu’est cette bête qui est belle la nuit, vue d’en haut.

– Oui, papa ?

– Oui, ma fille comment vas-tu ? Ça fait longtemps que j’attends ton appel.

– Je vous ai appelé la semaine dernière.

– Oui, mais tout de même, tu sais que le chantier ne peut plus atteindre et on n’a plus de maçons.

– Je suis au courant, papa, et c’est normal, parce qu’il n’y aura pas de chantier.

– Comment ça il n’y aura pas de chantier, c’est pas chez moi ? Tu m’as promis d’engager des bons maçons, des vrais, et voilà qu’à peine leur ai je parlé du programme, ils ne sont pas revenus, tu n’as pas trouvé de vrais pauvres, prêts à tout, parce que moi, quand j’avais vraiment faim, j’étais prêt à tout, c’est des mauviettes ceux-là…

– Oui, papa, quand vous étiez pauvre, Lire la suite