El hotel no está lleno, ¡perfecto!

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Nighthawks, Edward Hopper, 1942

Más de uno ha llegado a una ciudad a una hora tardía, después de un largo viaje por cualquier vía, y sin hotel. Más de uno habrá sentido el alivio de saber que no habrá que volver a atravezar el umbral y que se podrá destripar la valija y tomar una ducha. De vacaciones o por el trabajo, siempre es un gusto encontrar una cama.

La diferencia entre todas esas personas y el señor Fourmond, es que él era de la empresa, y debería alegrarse de lo contrario, pero ciertas circunstancias lo hacen celebrar con una ligera sonrisa retenida, al tiempo que pide su llave de aquel hotel parisino tres estrellas, cerca de la Opera Garnier y del boulevard de las Galeries Laffayette. Los japoneses adoran ir a gastar sumas astronómicas por el barrio y alojarse con nosotros, como El señor Fourmond.

Además de ser empleado directivo es también amigo de la directora general, con quien concluyó un acuerdo que lo autoriza a alojarse gratuitamente cuando el hotel no está lleno, y a pagar ciento cincuenta y nuevo euros cuando lo está, cualquiera que sea la categoría de habitación disponible al momento de su reserva.

Mi colega del turno vespertino, Nicole, tiene una cierta aversión por él. Es justo esa sonrisa lo que la perturba. Lire la suite

Ma part du ghetto II: Le Coq ou le graffiti débarque

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Bando, 199-

Le manque de victoire

forge mon caractère,

mon territoire ne va nulle part,

normal, je me perds

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Casey, Rêves illimités, 2010

C’est en sixième que j’ai rencontré Le Coq. Il portait déjà ce sobriquet quand ont nous a placé à côté en classe. Il habitait de l’autre côté du terrain de foot, à l’opposé de mon immeuble. Il pratiquait aussi le basket, mais on ne s’était jamais vu. C’était une question de groupe d’amis.

J’ai remarqué qu’on ne disait pas bonjour aux mêmes personnes. Nos cercles se sont élargis. On s’entendait bien. Il dessinait, moi, j’aimais lire. On pouvait passer du temps ensemble sans se parler. C’était la première personne avec qui je pouvais partager le silence. Sa mère était toujours à la maison. Cela faisait une dizaine d’années qu’elle cherchait du travail. Son père ne l’encourageait pas beaucoup, d’après ce qu’il me racontait : « On dirait que ça l’arrange qu’elle soit à la maison, mais il lui reproche aussi de ne pas aider la famille, ça me rend fou, ils prennent la tête tout le temps et il la bat ».

C’est pour ça qu’on allait souvent chez moi, le temps que ma mère et on beau-père arrivent vers quinze ou seize heures.

Quand on sortait faire un tour on croisait les amis de l’un ou l’autre. Les siens avait quelque chose de plus soudé. On aurait dit qu’ils préparaient quelque chose, qu’ils avaient une mission. Mais ce quelque chose n’était jamais évoqué quand j’étais présent. Certains chuchotements ou des phrases chiffrées, mal maquillées, me le montraient.

Je n’ai pas posé des questions, ni à eux, que je venais de rencontrer, ni à Le Coq. Lire la suite

Désossé

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1010, 2015

Il était quatre heures du matin, tard, c’est vrai. Entre les quatre boulots et les examens de fin d’année, sa pensée était anéantie, figée sur l’idée de toucher le lit. Cependant il fallait tirer des forces on ne sait d’où, et chercher des alliés efficaces. Le café ne rentrait plus dans cette catégorie. Son corps était tellement habitué à être envahi par la caféine qu’il ne reconnaissait dans une prise de cet alcaloïde issu de l’infusion, qu’un mouvement interne quotidien. De même pour la nicotine et son objet. Son meilleur allié était alors la crainte, et sa forme, la peur de l’échec, et ses implications dans sa réalité concrète. Il serait difficile de justifier auprès de la préfecture et son service de l’immigration qu’il devrait redoubler encore la troisième année. Ça n’allait pas passer. Il avait peur parce qu’il n’envisageait pas de partir tout de suite. Après il y avait la peur de l’échec personnel, du excès de confiance, de refaire une boucle, de stagner. Le mélange des deux l’amenait à vouloir ouvrir une capacité de compréhension et mémorisation à quatre heures du matin sur des sujets divers. Il y avait aussi l’implication sur le travail. S’il ne passait pas les examens pour valider sa licence, le poste de professeur qu’on lui avait proposé pour la rentrée prochaine disparaîtrait comme la bouée sur un miroir dans une salle de bain où l’on a ouvert la fenêtre en été. Et même plus vite, au moment de savoir qu’il aurait raté son année. Il fallait qu’il se concentre.

Au milieu de deux peurs et un essai de concentration de quinze minutes, il a regardé avec attention le bras qui s’accoudait à la table pour tenir sa tête pendant qu’ils lisait les cours. Il sentait la structure de sa mâchoire sur la paume de la main. Il sentait ses… Ses… Ses…

« Non, attends, on va voir, non, en español entonces, siento elde mi mandíbula, el… Ce qui est à l’intérieur des mes main ce sont des… Des… Le tibia est un… La colonne vertébrale est formée de… Comment bordel s’appelle ce qui forme la thorax ? Ce sont des… les côtes sont des… Lire la suite

Por amable

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La jaula robada, Hallé, 1753

Dejar París había sido especialmente difícil aquel verano. Las ciudades pueden ser un vortex que te traga cuando estás de espaldas, si le pierdes el paso. Los años anteriores desde mi llegada también París sólo me había permitido salir por intervalos cortos durante la época estival. Tener tres cuatro o cinco trabajos, más los estudios universitarios, sin cuya validación me corrían de este país, implicaba trabajar todo el año. En 2015 me había propuesto darme unas verdaderas vacaciones. La cuestión del dinero era menos clara, pero la idea estaba ya ahí. Por algo se tienía que comenzar.

La mejor solución era subarrendar mi cuarto. Pensé que sería fácil, pero me tomó casi un mes entre las visitas infructuosas y las personas que mis compañeros de casa no avalaban. Yo sólo me quería ir. Sin embargo, sin el dinero de la renta no podría pagar el cuarto que me esperaba en Montpellier, gracias a Octavio, mi amigo mexicano. Además ya me había comprometido con él. Fue más exasperante que difícil, pero al final logré encontrar inquilinos para todo el verano, para mí y para Maeva, mi colega belga, antes de que mi ansiedad me tragara, justo antes. Ahí empezaron las actividades en el medio inmobiliario.

Entre mis cálculos alegres estaba gastar lo mismo en comida, que es lo único que llevaba en la cartera, así como un par de cheques de los primeros locatarios. Cabe decir que sin la ayuda de mis camaradas de casa con quienes vivo desde hace años, no hubiera podido tener vacaciones. Eso de dejarle tu cuarto con todas tus cosas a completos desconocidos, que tienen acceso a toda la casa, a nadie le gusta que yo sepa. Me echaron la mano y agarré el primer tren que pude pagar hacia el sur. Lire la suite

T’inquiète, mamá, je suis al!

935755

Seth, 2013

Te suplico que me avises
si me vienes a buscar,
no es porque te tenga miedo,
sólo me quiero arreglar.

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Sui Generis, Canción para mi muerte, 1972

Il était une fois un fils qui n’avait pas appelé sa mère depuis deux mois. Elle ne le lui reprochait pas, cela faisait longtemps qu’elle avait accepté qu’il vive à l’étranger. Cependant, l’instinct était parfois plus fort, et la Terre ronde pour faire tourner les énergies. Et voilà qu’il appelle ; à sept heures de là-bas, pour être sûr de l’avoir :

  • Allô, maman ?

  • Oui, a-t-elle répondu d’une voix étouffée, elle sortait du sommeil. C’est qui ?

  • C’est ton fils.

  • Qui ?

  • Ton fils.

  • Hijo mío ! Je ne t’ai pas reconnu. J’étais en train de t’appeler.

  • Comment ça ?

  • Tu m’as sortie d’un cauchemar.

  • Et c’était quoi le cauchemar ? Vas-y, raconte, puisque c’est frais et que tu as plus de détails.

  • Alors, j’étais en France, pour te rendre visite pour la première fois au bout de tous ces années. Ça faisait trois semaines qu’on y était et on ne s’était toujours pas vu. Il y avait des raisons dont je ne me rappelle pas, mais j’en avais marre. On était dans un supermarché en train de nous ravitailler pour la journée de tourisme et je me disais « ça suffit ! ». Je prenais le téléphone et je composais ton numéro. Dans le fond, je pensais que tu n’allais pas répondre. Ça sonnait, une, deux, trois fois et je commençais à croire que tu n’allais pas répondre ; pour de vrai, et que j’allais partir sans te voir, alors qu’on était à côté ! À côté …! J’étais pile dans ça quand tu m’as réveillé, heureusement que t’as répondu, parce que c’était un rêve affreux .