Des chiens sur les toits et des chats en carton

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Quand j’ai commencé à en avoir assez de la question « et alors, le Mexique c’est comment ? », vu qu’elle revenait très souvent, j’ai cessé d’essayer de faire un vrai topo, mais je n’avais pas non plus envie de dire simplement « bien ».
Je partageais alors certains détails qui me venaient à l’esprit selon la conversation et qui m’amusaient, par exemple, la décoration porno-religieuse qui est très répandue chez les chauffeurs de bus, pour qui ce lieu mobile est leur maison. Le crucifix ou l’effigie à  l’avant, et le calendrier porno sur le côté gauche, du côté du cœur.
On ne peut jamais lire dans les transports en commun. La cumbia à fond et la conduite saccadée ne sont pas l’idéal pour la concentration. Par contre, les paroles des chansons, même si l’on veut pas, on s’en rappelle à vie.
Ou bien, le camion poubelle qui annonce son arrivée avec une grosse cloche et qu’il faut rattraper sinon il poursuit sa route et nous laisse avec nos déchets à la main, et devant rentrer avec jusqu’au prochain passage ou ramener soi-même à une décharge, qui n’est souvent qu’un terrain vague « autorisé » par la mairie.
Ou la fois où j’ai vu un chien errant traverser la route en empruntant le pont piéton, alors que les humains risquaient la peau en se faufilant entre les voitures, juste parce qu’ils avaient la flemme de monter les marches.
Il arrive souvent, surtout en ville, que les gens mettent leur chien sur le toit. Lire la suite

Une souris minuscule

« Oh, mi amor, 

estoy tranquilo pero herido. […]

No es que no te crea,

es que las cosas han cambiado un poco »

—-

« Oh, mon amour,

je suis tranquille mais blessé . […]

Ce n’est pas que je ne te crois pas,

c’est que les choses ont un peu changé»

Fito Paez, Tres agujas, Del 63, 1983

« Después de un baño cerebral,

estaba listo para ser amado »

« Après un bain cérébral,

j’étais prêt à être aimé ».

Soda Stereo ,  Ella usó mi cabeza como un revolver, Sueño Stereo,1995

Attendre, un train, un métro, quelque chose qui arrive de dehors changer la réalité de tous les jours. Ce qui arrive à plusieurs reprises et finit par construire la constante fragile des habitudes, de l’identité. Oh, regard cette souris ! Regarde comment elle sort d’en bas du du distributeur automatique de bonbons! Quand on travaille la nuit, ce sont ce genre de choses simples qui te font la nuit. Cet être gris et minuscule qui te rappelle la subtilité de quelque chose de vivant, entre le béton et le métal des rails et le flux des êtres gigantesques. Il y a eu une connexion entre tout, comme un métro qui arrive quand tu débouches sur le quai, comme lorsqu’on trouve de l’argent par terre ou un objet qu’on apprécie au milieu d’une rue. Tout devient alors une question de vrais mots. Du genre qui me manquait. Hier j’ai rêvé encore une fois du dentiste, en prononçant l’inévitable question sur la dent trouée depuis des années.

Aujourd’hui c’est un dimanche spécialement froid. Je ne sais si on aura beaucoup comme ça. Il ne me reste qu’à écouter de la musique. Je suis à la recherche d’un sauvetage, de passer moins par les mots. Je peux dire que je suis, comme quelqu’un qu’irait n’importe sans se demander pourquoi. Je suis tranquille mais blessé, en cherchant comment combattre cette anxiété que même la destruction partielle du corps ne peut taire. Les vérités trop évidentes ne s’étouffent même pas avec le sommeil, pore de tout notre être. Lire la suite