Pile quand tu voulais arrêter: le père Noël

Père Noël, 2013 photo par cyberdilou

J’avais décidé d’arrêter de fumer, tout. Le tabac et maryjane. Ça marchait plutôt pas mal les premiers jours, mis à part ces moments de solitude où les vices font surface et mettent en évidence les creux de l’existence qu’on remplit avec. Pour ceux qui s’y connaissent, ce n’est pas donné.

Cependant une période de vaches maigres m’avait facilité la tâche, je ne pouvais payer ni l’un ni l’autre. De temps en temps je tournais en rond mais la conviction d’avoir les poches vides ne me laissait pas d’issue.

Un de ces soirs, je regardais les gens passer à travers la fenêtre de la cuisine quand la porte a sonné. C’était notre cher docteur qui livrait à domicile pour un minimum de cinquante euros et qui travaillait tous les jours. À présent disparu de la ville. Il est arrivé en s’excusant pour le retard.

Vu que je n’étais pas le seul à l’appeler dans la maison, j’ai cru que quelqu’un d’autre lui avait donné rendez-vous et qu’il serait en retard. J’ai appelé tout le monde concerné, mais la réponse a été la même : ce n’est pas moi.

Le docteur paraissait un peu contrarié, il a vérifié ses messages reçus, on ne figurait pas sur la liste, tel que je le lui avait dit. Il aimait bien passer à la maison, on lui proposait un café, il restait discuter un peu, puis il partait. Mais de là à passer à l’improviste.

Lui-même ne pouvait pas s’expliquer la volonté qui l’a dirigé vers chez nous, je lui ai fait part de ma détresse financière et du fait que je n’avais pas de tabac non plus, il a alors répondu, un peu gêné pour sa présence dans la maison :

– Bah, écoute, vu que je suis déjà là, je te laisse un cadeau pour le dérangement et puis si tu veux un truc je te fais un crédit pour la prochaine fois, et je te laisse un paquet de clopes et des feuilles.

C’était trop de tentation et de hasard pour ne pas saisir l’occasion, ou plus exactement, je suis trop faible. Si je croyais aux phénomènes mystiques, j’aurais dit que j’ai pensé trop fort. Le résultat était le même : je n’avais aucune volonté encore ou pas assez pour dire non au Père Noël, même si c’était sur mon ardoise.

La sal no sala, el azúcar no endulza y algunas ratas

La sal no sala y el azúcar no endulza

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Charly García, 1994

 

La llegada de Misósofos a la Courneuve coincidió con varios eventos. Primero, con la crisis española que lo concernía directamente y que fue el motor mismo de su migración. Segundo, con el final de la relación con mi ex novia con quien viví durante seis años y con quien compartía aún el cuarto y la cama. Tercero, con la llegada del verano. Cuarto, con la visita de los padres de la susodicha que veían a pasear por primera vez a Europa y a ayudarle al mismo tiempo a llevarse todas las cosas que podía pagar y que le autorizaban en un avión. Y quinto, con la excavación para poner los cimientos de un nuevo edificio al otro lado de la calle donde antes hubo un campo de gitanos durante tres años.
En la Courneuve, Lire la suite

Tares dés

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Slinkachu, 2015

 

Chacun ses tares,

chacun se tait quand il le croit nécessaire,

à tout un chacun sa boussole

et ses hasards,

sa tristesse ringarde,

y compris pour soi ;

sa mégarde,

mal placée,

hors tempo,

et les bons jugements faciles

avant la tempête.

Chacun ses tares, Lire la suite

Qué buen ojo o ¿dónde putas he andado?

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MIA, 2008

Había terminado en Sevilla durante aquel verano porque, en mi perspectiva, a pesar de que me hubieran corrido del trabajo cuidando chamacos en una secudaria gracias a una jefa neurótica y a mis faltas debidas a mi situación migratoria ; a pesar de saber que el salario en el museo de ciencias no era suficiente y que no tenía trabajo al regresar del viaje, si me quedaba en París, me volvía loco.

Había agarrado los boletos un par de días antes. No eran los más baratos pero podía pagarlos en el momento. Una de las razones de ir a sur de España era visitar a mi amigo de otro tiempo y compañero de casa, Misósofos, que se había regresado a su pueblo cercano a Granada para ver a su familia y de paso reducir los gastos fijos relativos a su manutención cotidiana en París.

Sevilla estaba relativamente al lado y los autobúses no eran caros. Fue al pie de aquel hostal cercano a la Alameda de Hércules donde encontré un buen equilibrio entre el dinero con el que contaba y un cuart limpio. Fue ahí donde conocí a mi hermana perdida en el universo, Belén, en una de las camas de la habitación, un libro de Poe sobre su lecho precediendo a nuestro encuentro.

Por aquel entonces, Belén alternaba entre el hostal y la casa de su tía de donde se había fugado parcialmente, como muchos adolescentes lo hhemos hecho. Su padre se había quedado en Marruecos y su madre había decidido que no quería vivir más, diez años antes. Ella había decidido que quería ser actriz y lo primero que le pareció más lógico fue regresar a España. Ya estaba ahí, pero tenía ningún plan para lo que seguía.

Yo tampoco, para conseguir dinero al regresar del viaje. Quizás por eso nos hicimos amigos de inmediato, nos dio la impresión de conocernos de mucho antes, quizás necesitábamos raíces y nos las inventamos en unas horas, sin decirlo, sin expresar ninguna propuesta ni solicitud.

Aquella noche estaba en casa de su tía Lire la suite

Ma part du ghetto III: Quelqu’un est là, sauve-qui-peut

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Seth, 2014

L’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage

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Mathieu Kassovitz, La Haine, 1995

Un matin, au réveil, mon père m’a dit : « tu vas rester là, je vais aller à la bibliothèque et je reviens. Je n’en ai pas pour longtemps .». J’ai acquiescé et je suis resté au lit. Il n’y avait personne d’autre à la maison. Vu que mes parents s’étaient séparés un an plus tôt et qu’on habitait déjà dans la cité où j’allais grandir avec ma mère, je devais avoir au moins quatre ans. La date de leur séparation je ne l’ai apprise que plus tard. Tout ce que je sais c’est que la maison était vide. J’ai entendu mon père descendre et fermer la porte à clé, puis traverser le petit jardin et claquer le portail blanc.

C’est de cette maison dans la banlieue nord de Mexico, que ma mère était partie avec moi dans les bras. Je me suis réveillé, j’ai fait un tour dans la chambre, puis dans tout l’étage et je suis descendu au rez-de-chaussé. C’était une belle petite maison à l’angle d’une rue avec un bout de jardin à l’avant. Mon père ne la garderait pas longtemps car il recommencerait sa vie quelques années plus tard et, pour arriver à habiter une maison comme celle-là, il lui faudrait une dizaine d’années. Avec ma mère, on habitait dans une coloc’, on occupait la moitié du salon, séparé de l’autre moitié par un rideau, avec quatre autres filles étudiantes en école d’ingénieur qui occupaient les chambres. L’une d’elles partirait ensuite et on prendrait sa chambre, jusqu’à notre départ quelques années plus tard.

À cette époque, ma mère devait être en train de faire son mémoire. Mon père devait peut-être l’aider pour essayer de récupérer son amour ou quelque chose de la sorte. Ils se devaient encore de l’aide mutuelle parce qu’ils essayaient tout les deux d’échapper à la misère dans laquelle ils avaient grandi, et ils avaient un enfant à charge.

Ce qui est sûr, c’est que ma mère ne m’aurait jamais laissé tout seul. Elle m’aurait tout au plus laissé au seuil de la porte d’entrée de la bibliothèque, mais jamais tout seul, des choses qui marquent un rapport différent entre pères et mères, et qui tiennent à la nature, ce bout d’animalité qui résiste à être dompté et qui est inscrit en nous. Mon père a fait son père, il a lâché prise plus facilement parce qu’il ne m’a pas eu à l’intérieur de lui et, bien entendu, il ne m’a pas accouché. Il l’a fait par besoin aussi, pas de baby-sitter et pas beaucoup d’amis. Il vivait mal leur séparation, comme il me le raconterait un jour.

Je suis remonté dans la chambre. J’ai allumé la télé. C’était le premier novembre. La Toussaint. Halloween à la télé, loin des traditions locales qui n’ont pas peur des fantômes, mais au contraire, les invitent à dîner à la maison une fois par un, dans ce syncrétisme particulier qui aurait provoqué des crucifixions à l’époque de la Rome chrétienne, mais qui, à l’écran, n’étaient que des dessins animés qui m’effrayaient. Je n’avais qu’une télé pour me tenir compagnie et tout ce qui était projeté ce jour là était lié aux fantômes et aux morts. Quelqu’un était là, dans la maison, je le savais. C’est comme ça que je le ressentais. Une conviction soudaine et claire. Lire la suite