Ville de pauvres coeurs / Fito Paez (1987)

This world is going up in flames
And nobody wanna take the blame.
Don’t tell me how to live my life,
when you never felt the pain.

Charles Bradley, No time for dreaming, 2011.

Dans cette putain de ville, // En esta puta ciudad,

tout prend flamme et s’en va, // todo se incendia y se va,
Ils tuent des pauvres cœurs. // matan a pobres corazones.

Dans cette sale ville, // En esta sucia ciudad,

il ne faut ni continuer ni s’arrêter, // no hay que seguir ni parar,
ville de cœurs fous. // ciudad de locos corazones.

Je ne veux pas sortir fumer, // No quiero salir a fumar,
je ne veux pas sortir dans la rue avec toi, // no quiero salir a la calle con vos.
Je ne veux pas commencer à penser // No quiero empezar a pensar
qui mit l’herbe dans le vieux tiroir. // quién puso la yerba en el viejo cajón.

Bonne journée, Lexotanil1 // Buen día Lexotanil,
Bonne journée, Madame; Bonne journée, docteur // buen día, señora; buen día, doctor.
Maudit soit ton amour, //Maldito sea tu amor
ton immense royaume et ta douleur tant voulue // tu inmenso reino y tu ansiado dolor.

Qu’est-ce que tu veux de moi? //¿Qué es lo que quieres de mí?
Qu’est-ce que tu veux savoir? // ¿Qué es lo que quieres saber?
Tu ne me verras pas à genoux. // No me verás arrodillado.

Ils disent que ce n’est plus moi, // Dicen que ya no soy yo,
que je suis plus fou qu’hier, // que estoy más loco que ayer,
Et ils tuent des pauvres cœurs. // y matan a pobres corazones.

—-

1 sédatifhypnotique anxiolytique

Traduction Pavel García

 

Trois chiens errants se disant Adieu au Mexique

Je voudrais pas crever
avant d'avoir connu
les chiens noirs du Mexique
qui dorment sans rêver
Boris Vian, Je voudrais pas crever, 1952
Nous trois, quand on était jeune

Nous trois, quand on était jeune

Nous partîmes ailleurs chercher la bonne vie et

nos mères aboyèrent amèrement. Puis, sereines,

elles nous virent prendre la route à quat’pattes.

Elles étaient errantes aussi, des migrantes à vie,

Parties d’horizons oubliés, chienne de vie

pour des chiens sans maître, sans nature et sans

ancêtres, mendiant parmi les hommes obèses,

de chasseurs à clochards, mais rien à faire ici.

C‘est pourquoi nous partîmes. On entend dire « Oublie !,

trace ta route et trouve-toi un casse-croûte ! »

Les chiens poursuivent leur route, mais n’oublient pas.

Y‘a mon pote, qu’un mec appela « Marronnier »,

et qu’un vrai clochard chassa à coups de guitare,

et qui pleure depuis, et musiques, et adieux.